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	<title>My Private Life &#187; malaise</title>
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	<description>Alexander de Querzen&#039;s Dirty Diaries, Texts, Poems and sh!t like that.</description>
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		<title>Séb</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 00:28:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex de Querzen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai trouvé une bonne thérapie quand même. Ecrire qu&#8217;on appelle ce truc&#8230; Alors, c&#8217;est simple : je m&#8217;allonge dans le canap&#8217; et je parle de mon ami imaginaire. Il s’appelle Seb. Son nom n’a strictement aucune importance dans la suite de ce récit. Il est typiquement le genre de personne que vous ne remarquez pas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>J&#8217;ai trouvé une bonne thérapie quand même. Ecrire qu&#8217;on appelle ce truc&#8230; Alors, c&#8217;est simple : je m&#8217;allonge dans le canap&#8217; et je parle de mon ami imaginaire.</p></blockquote>
<p><span id="more-77"></span></p>
<p>Il s’appelle Seb.</p>
<p>Son nom n’a strictement aucune importance dans la suite de ce récit.</p>
<p>Il est typiquement le genre de personne que vous ne remarquez pas. Il se fond dans la masse. Ses habits sont une protection contre le monde extérieur, une carapace contre les regards, une non-invitation à faire connaissance. Habillé de manière passe-partout, privilégiant les couleurs sombres, s’autorisant parfois un petit extra au niveau de son teeshirt, parfois revendicatif, parfois à l’effigie d’un groupe qu’il aime, parfois simplement parce que c’est le premier qui lui est tombé sous la main. Visage caché par une casquette, cheveux rasés, Seb est le parfait exemple de Mr ToutLeMonde, de Mr Personne.</p>
<p>Vous le verriez, vous n’en sauriez même pas qu’il s’agit de lui.</p>
<p>Sa vie est un vaste cycle de recommencements perpétuels, une longue suite monotone de remakes des mêmes moments, aux mêmes endroits, avec les mêmes gens.</p>
<p>Lorsqu’il était petit, Seb était intimement persuadé d’être le prisonnier d’une vaste cage en verre, où un géant s’amuserait à jouer avec lui, ses sentiments, ses peurs, ses envies, son existence… Comme il jouait lui même avec ses PlayMobils. Au fond, pourquoi pas : bien que ses parents (surtout son père, surpris d’un tel illogisme chez un enfant censément intelligent) lui aient prouvé que ce n’était pas possible, Seb n’en est pas intimement convaincu. Quelque chose lui dit que l’on n’en sait trop rien en fait.</p>
<p>Seb est fils unique, son monde est imaginaire, sa vie est rêvée et sublimée pour mieux pallier la morne et triste réalité.<br />
Peut-être à cause de ça, Seb s’est replié sur lui-même.<br />
D’enfant unique il est devenu enfant solitaire.<br />
Ses parents cochaient pourtant toujours la case “s’intègre facilement dans un groupe” : au fil du temps, il s’était aperçu qu’être un caméléon avait beaucoup d’avantage.</p>
<p>Petit à petit, Seb a grandi, traversant les années 80 sans s’en rendre compte, puis les 90 en commençant à prendre conscience que le monde semblait définitivement ne pas tourner rond.<br />
Au XXIème siècle, maintenant, Seb continue de se sentir bizarre dans un monde qui ne lui appartient pas.<br />
Son grand père avait eu le débarquement et la guerre d’Algérie? Lui aura eu la mort de Ceausescu et la chute du mur de Berlin.<br />
Ses parents ont eu mai 68? Il se prendra en pleine face les bombes dans le métro en 95, les attentats du 11 septembre 2001 et ceux du 11 mars 2004.</p>
<p>Selon la classification de Strauss et Howe, Seb fait plus ou moins partie de la fameuse “Génération Y”. Plus ou moins, pas exactement, tout dépend de la version adoptée.</p>
<p>Seb, lui, pense qu’il est juste là.<br />
Ni totalement Y, ni formellement X.</p>
<p>Le terme de “next generation” lui conviendrait mieux.<br />
La génération suivante.<br />
Celle après ceux-qui-ont-ouvert-le-chemin.<br />
Mais la différenciation est plus subtile.</p>
<p>Seb a lu des livres, beaucoup. Certains en diagonale, parfois par obligation, d’autres avec plaisir, il en a même relu tout ou partie. Il pourrait citer Philip Kindred Dick et Maurice Dantec, Ann Scott, Virginie Despentes ou Nick Hornby, Stephen King et Ann Rice, Antoine de Saint Exupery, ou encore Bret Easton Ellis, Chuck Palahniuk et Charles Buchovski… Il voit de plus en plus de films adaptés de livres, sans que les gens le sachent. Il est attristé de voir que l’imagination semble se désagréger. Il aime retrouver ses auteurs, comme de vieux amis.<br />
Seb aime la musique, même si ce n’a pas toujours été le cas. Il croit être passé par tous les courants musicaux, du hard rock au rap, en passant par le reggae ou le rock, à chaque fois oscillant entre le bac commercial et les découvertes du moment.  Grâce à ses ami(e)s, Seb peut continuer de découvrir de nouveaux morceaux, de nouvelles manières d’exprimer un sentiment, modifiant ainsi son TopTen permanent des musiques favorites. Certaines restent toujours des coups de cœurs, sortes d’hymnes souvenirs d’une époque. Certaines lui semble le décrire parfaitement, soit en partie, soit totalement. Certaines sont spécifiques à des personnes, d’autres à des moments, bons ou mauvais, partagés (ou pas). La musique est une nécessité vitale pour Seb, quelque chose qui le rapproche du héros de “Haute Fidelité” : elle lui permet plus ou moins de savoir si une personne est compatible, au même titre que pour les livres et les films…. D’une certaine manière…<br />
Nourrie à l’image, parfois déformée par la caméra, d’autres fois retouchée par ordinateur, l’information se mélange à la fiction, le blockbuster de l’été ne l’impressionnant pas outre mesure mais tombant en admiration devant un film dialogué par Audiard. Il cherche les bons films, cumulant un scénario intelligent, des acteurs qui gèrent et un réalisateur qui se prend pour un véritable chef d’orchestre et cherchera la version dvd ultimate pour ceux-là, mais larvera devant la dernière production hollywoodienne pour peu qu’elle n’en soit pas trop indigeste.</p>
<p>Tableau idyllique d’un humain en pleine possession de ses capacités intellectuelles.<br />
Carnage catastrophique car la culture appelle la culture et qu’elle est sœur de dévoreuse de temps.</p>
<p>Nourri au nouvelles technologies, à même pas 30 ans il est doublement drogué.<br />
Aux médicaments d’abord.<br />
Légaux et illégaux.<br />
Toujours de quoi supporter la réalité. Atténuer les effets néfastes d’une vie chaotique.<br />
Contre le mal de tête, pour pouvoir dormir, contre l’allergie, contre la toux, pour la peau…<br />
A l’Internet, pieuvre tentaculaire, matrice globale et locale.<br />
Tellement accroc qu’il ne lui semblerait pas si difficile ni si inconcevable que ça de s’enfermer dans une tour pendant une période (in)déterminée. “Le Maître du Haut Chateau”. L’expression lui revient, traversant son esprit, faisant frétiller quelques neurones, libérant quelques souvenirs et pistes, saturant encore un peu plus sa mémoire.</p>
<p>Le “Do Your Thing” des hippies continue de s’appliquer au fond.</p>
<p>Lui, et ceux de sa génération n’en savent strictement rien de ce qu’ils sont venus foutre sur cette planète à moitié dévastée par leurs prédécesseurs. Un environnement dégradé, se détruisant de plus en plus, inexorablement, une courbe de destruction exponentielle. Une population aveuglée, en ne se préoccupant pas du sort de Gaïa, ne donnant aucune confiance dans l’avenir.<br />
Attristé de voir que des médicaments soignant de nombreuses choses pourraient voir le jour, mais qu’ils ne sortent pas des laboratoires.<br />
Dépité de voir que des modèles de voiture hybrides sont disponibles mais inaccessibles pour le commun des mortels.<br />
Perplexe face à la course à l’industrie, à l’automatisation, à l’informatisation, mais en participant pleinement à cet état de fait.</p>
<p>Seb se pose en observateur, il est loin, très loin d’être un exemple ou un chemin à suivre.</p>
<p>Il essaye de se contrôler.<br />
Il essaye de s’intégrer.<br />
Il essaye d’apprendre.<br />
Il essaye de gérer.<br />
Il essaye de vivre.<br />
Mais il n’y réussit pas.</p>
<p>Il le voit bien depuis quelques joursemaines.<br />
Il se couche de plus en plus tard.<br />
Il n’arrive plus à se lever, chose normale après des nuits de 4 ou 5 heures.<br />
Il a de plus en plus tendance à s’auto-exclure du groupe, de la meute, marre des mini-guerres de clans, des micros luttes de pouvoir…<br />
Il se sent bien chez lui, caché, inaccessible sauf quand et à qui il le désire, préférant la solitude d’un appartement vide à la foule bruyante d’un bar bondé.<br />
Longtemps considéré comme un oiseau de nuit, il n’en rentre maintenant plus que complètement déchiré, devant faire des efforts de mémoires pour savoir si oui ou non il a passé une bonne soirée.</p>
<p>L’alcool, son dégât majeur, troisième drogue à rajouter. Comme tous ceux de son âge, à des degrés différents, tout simplement, il a l’alcool mondain, entre amis, celui des restaurants et des soirées en clubs.<br />
Combiné à la cigarette ou au joint, cocktail explosif et détonnant pour avoir l’air cool mode caméléon quelque part.<br />
Ne pas se dévoiler, encore.<br />
Se cacher, toujours.<br />
Toujours avoir l’air de s’en foutre, d’être cynique. Ou au contraire exagérer ses sentiments.<br />
Son exubérance lui sert de paravent à son incapacité chronique à avoir confiance en lui.</p>
<p>Seb a fait les comptes, il a 30 ans.</p>
<p>Plus aucune perspective d’avenir, il se sent trop vieux pour créer son entreprise, ses parents ne dirigent pas une société qu’il va devoir reprendre, son boulot n’est qu’un simple 9/18 basique et commun au trois quart des gens avec qui il partage ses métros quotidiens…</p>
<p>Sa copine veut s’installer avec lui, il ne sait pas comment lui dire qu’il se demande toujours pourquoi il est encore avec elle depuis tout ce temps, elle a pourtant déjà prévu leur programme sur les 6 prochains mois. Il continue de fantasmer sur sa collègue de bureau et la serveuse de son bar favori, et ne peut pas s’empêcher de détailler les gens (essentiellement du sexe féminin) qui croisent son chemin ou son regard pendant ses pauses…</p>
<p>Sans être catastrophique, son compte en banque n’est pas reluisant.<br />
Entre son prêt pour l’appartement, celui pour l’installation et le crédit pour le scooter, la fin du mois commence de plus en plus tôt. Par la force des choses il a été obligé de diminuer le rythme des sorties, et considère profiter moins bien de la vie qu’auparavant.</p>
<p>Seb se pose la question : que fout-il ici? Présentement? A l’heure actuelle?</p>
<p>En ce moment précis, il ne croit plus en rien.</p>
<p>Il en a juste marre.<br />
Marre d’essayer de gérer.<br />
Marre de tenter de vivre une vie passable.<br />
Marre de courir après le temps.<br />
Marre surtout de faire semblant.</p>
<p>Il est dans un épais brouillard, dans une nuit noire, un endroit obscur, un tunnel sombre où la lumière ne perce pas.</p>
<p>Je suis Seb.<br />
Je suis personne.<br />
Mon nom est légion.</p>
<p>C’est dur de vivre lorsqu’on n’en a pas forcément envie.</p>
<p>J’appuie sur la détente de mon flingue introduit dans ma bouche.</p>
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		<title>Incommunicanto</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 00:28:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex de Querzen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avec le recul, je me dis que JeSaisPlusQui avait tout compris. C’est vrai quoi : entre ce que je veux dire, ce que je dis, ce que tu entends, ce que tu veux comprendre…ça fait moultes raisons de communiquer bordéliquement… C’est cool, c’est le sujet de ce texte, la communication. Ou plutôt l’absence de communication… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Avec le recul, je me dis que JeSaisPlusQui avait tout compris. C’est vrai quoi : entre ce que je veux dire, ce que je dis, ce que tu entends, ce que tu veux comprendre…ça fait moultes raisons de communiquer bordéliquement… C’est cool, c’est le sujet de ce texte, la communication. Ou plutôt l’absence de communication…</p></blockquote>
<p><span id="more-75"></span></p>
<p>Bon, ça, c’est fait… J’ai encore l’option là. Ou celle-là (plus banale…) Mais bon…<br />
Pardon ? Vous ne voyez pas ce que je suis en train de dire ? Pas grave. Moi si.<br />
Je me comprends. Et c’est le plus important.<br />
Moi-même personnellement, je suis non seulement d’accord avec moi, mais en plus, je me pose les bonnes questions. Enfin bonnes, je ne sais pas, celles qui m’intéressent en tout cas. Je me trouve super intéressant en fait. Et je me fous (complètement) des gens.</p>
<p>Vrai ? Faux ?<br />
Là est la question.<br />
Encore une.<br />
Faut croire que j’aime çà.<br />
Me branler sur des questions en jouant avec des mots. C’est cool non ?<br />
J’adore ça en fait si ça se trouve. Option 1.<br />
Je joue super bien mon jeu et en fait je ne sais pas m’exprimer. Option 2.<br />
Entre les deux j’hésite et je cite.<br />
Le fond et la forme. Le Yin et le Yang. Le Bien et le Mal.<br />
On en revient toujours aux mêmes trucs basiques et cycliques.</p>
<p>Pour une fois, occupons nous du fond, sans prêter une attention forcenée à la forme.<br />
Prenez ma main et suivez-moi sur les chemins tortueux et sinueux des limbes de mon cerveau embrumé, ‘envappé’, enfumé, torturé et rêveur. Je vous préviens d’entrée : la route est longue, obscure, je ne garantis ni les moyens, ni la fin. Justification comme une autre : si la fin justifie les moyens, les moyens ne justifient pas forcément la fin.</p>
<p>En fait, je ne sais pas où aller et comment y aller et par où commencer. Mais j’y vais. C’est parti. Théorie des Shadocks : ” Quand on ne sait pas où aller, il faut y aller. Et le plus vite possible “.<br />
Voilà.<br />
C’est sympa que vous me suiviez. Si si, je vous assure. Je me sens moins seul d’un coup. De toute façon, je suis plusieurs dans ma tête, je patine à la limite de la schizophrénie déclarée. Ça a au moins un avantage : celui de ne jamais se sentir seul. Mais bon. Pas que je sois avide de compagnie humaine, mais j’aime parler, ça, c’est vrai, j’avoue, mea culpa, mea maxima culpa.<br />
Et pis j’avoue : j’ai peur du noir.<br />
Si ça vous gêne vraiment de rentrer comme ça dans ce qui me sert de cerveau, ne vous inquiétez pas. Il est aussi bordélique que d’habitude. Aussi fuyant et câlin que mon chat. Ce n’est peut-être pas fait pour vous rassurer ? Ne commencez pas, mauvaises graines! J’ai dit que l’important était le fond. Pas la forme. Et puis merde, si vous n’êtes pas content, barrez vous. Foutez ce putain de texte à la poubelle, barrez vous et ne venez pas me donner de leçons.<br />
J’ai la ferme intention de faire ma propre psychanalyse.<br />
Je crois qu’en fait, pour tout vous avouer, c’est Pierre qui m’a glissé l’idée tout à l’heure. J’écoutais son spectacle au Théâtre Grevin (octobre 1986, j’avais quoi, sept ans ?) et il m’a donné la solution dans son ” Intro “. De mémoire : c’était à propos des névrosés et des psychotiques. Son psy lui avait conseillé la thérapie de groupe, et comme ça coûtait cher, le psy lui a filé une astuce pour que ça lui coûte que dalle : se donner en spectacle. Conclusion de Desproges : ” C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs, je vous ai priés de venir tous ici ce soir pour me regarder faire mon intéressant. Bonsoir. ”</p>
<p>Toute histoire à un commencement.<br />
Et mon histoire à moi commence il y a longtemps.<br />
Quand j’étais étudiant en fait.<br />
Enfin, non, ça a commencé avant, mais je situe la chute il y a 4 ans environ.<br />
Pour faire court et éviter de me justifier sur tout, les 20 premières années de ma vie ne sont pas signifiantes : ce n’est que l’apprentissage de la vie. Ou de la Vie avec un v majuscule. Je sais pas ce qu’il faut mettre. Je m’en fous.<br />
Pour en revenir à ma justification, la meilleure image, c’est Kassovitz (encore lui, définitivement je l’aime bien) qui me la fournit dans le film ”<a href="http://www.ad-vice.me/p/MPLbdFc4aI" target="_blank">La Haine</a>“…<br />
C’est l’histoire d’un mec qui chute d’un building de 50 étages et qui a chaque étage ce répète sans cesse … Jusqu’ici tout va bien…<br />
Jusqu’ici tout va bien…<br />
Jusqu’ici tout va bien…<br />
Jusqu’ici tout va bien…<br />
Jusqu’ici tout va bien…<br />
Jusqu’ici tout va bien…<br />
Mais l’important n’est pas la chute…<br />
C’est l’atterrissage.</p>
<p>Bref.</p>
<p>L’impression d’avoir été un vilain petit canard. Touche pas à ça p’tit con. Ferme ta gueule branleur. Soyons clair : je n’ai pas un complexe avec mon père ni avec ma mère. On oublie d’entrée l’ultra-simpliste complexe d’Œdipe.<br />
Pourquoi ? Au plus profond de moi, je sais et sens que ce n’est pas ça.<br />
De nouveau ma putain de prétention.<br />
Excusez-moi, je vais me branler devant tant de génie, je reviens de suite.<br />
Plus sérieusement, je prends conscience que je me mets à nu, mais ça permettra peut-être de mieux me cerner.<br />
Pour vous (mais je m’en fous au fond, à part pour une élite ‘reconnaissablement’ reconnaissante).<br />
Pour moi (mais je ne sais pas si j’aurais le recul ou si je ne suis pas trop barré déjà pour sauver les meubles).<br />
Alors oui, j’ai du fermer ma gueule pendant un moment. Long, mais cela m’a permis d’être tel que je suis, et en ceci, non, rien de rien, je ne regrette rien, merci Edith pour cet interlude musical.<br />
En tout cas, le fait de fermer ma gueule a eu cet avantage : ciseler les mots, les peaufiner pour qu’ils fassent le plus mal possible. Dans ma tête au moins.<br />
Mais je ne sais pas tenir ma langue.<br />
Je suis limite à penser à haute voix.<br />
Donc ça m’échappe.<br />
Et ce que je pense, qui devait rester mon jardin secret (vous savez, le fameux truc du ” merci patron ” bien lèche couilles pendant que vous pensez à lui fracasser le visage à ce bâtard) devient une mini bombe balancée à la face des gens.<br />
En gros : je suis un terroriste des mots.<br />
Enfin, j’en ai l’impression en tout cas.</p>
<p>Pendant que je me roule un joint et que je relis ce que je viens de marquer, une sorte d’auto-satisfaction fière et prétentieuse semble se dégager. Ce n’est pas ça. Je m’aime bien (voir autobiographik pour s’en convaincre) mais ce n’est qu’une carapace, une armure construite par et contre les autres…<br />
Au final, je forme un mélange bizarre, une sorte d’alchimie improbable.<br />
Tiraillé entre rêve et réalité.<br />
Tiraillé entre envie et devoir.<br />
Tiraillé entre nécessité et besoin.<br />
J’ai toujours ironisé sur le fait que si je devais mourir ce serait pendu, à cause de la mandragore… Je fais toujours le même cauchemar, où je me noie dans un lac glacé tandis que mes potes essayent de me sortir de la flotte… Une clé de ce songe serait que je suis submergé par la pression et l’émotion…. Je suis assez d’accord.<br />
Je vais devoir ajouter l’image (morbide) de mon existence : moi, subissant le supplice de l’écartèlement, avec les chevaux qui tirent mes bras et mes jambes chacun dans son coin. Mes cours d’histoire me reviennent : l’écartèlement est le supplice réservé aux régicides. Ça va pas aider pour ma prétention ça…</p>
<p>Après une longue réflexion mûrement réfléchie, j’en viens à adhérer à la théorie du chaos. Ce fameux ” effet papillon ” : un battement de papillon peut, par ricochets, provoquer un typhon à l’autre bout de la planète… Et si et si et si et si ?<br />
Vous ne voyez pas où je veux en venir ?<br />
Vous êtes perdu ? Choqués ? Tristes ?<br />
Pas grave.<br />
Monsieur Nintendo a tout compris : ” Play 24/24 7 :7 “. La vie n’est qu’un jeu.<br />
Et ce jeu a sa propre notice explicative.<br />
Sauf qu’elle mute en fonction des événements, qu’elle se modifie pour s’adapter aux nouvelles données.<br />
De la théorie du chaos, j’en déduis que ma vie m’appartient, et que je suis ce que je suis suite à un enchaînement involontairement volontaire. Mes choix ont aboutit à ce résultat. Qui sera modifié demain. Et après demain. Et dans une semaine, un mois, un an… La vie offre des millions de possibilités.<br />
J’avais dit que le chemin était sinueux.</p>
<p>Revenons en à l’incommunicanto. C’est joli ça comme mot. Je viens de l’inventer. Enfin, je crois. Ça me semble signifier l’état d’impossibilité à communiquer.<br />
Parce que de tout ce que j’ai dit avant, j’ai trop l’impression d’être ailleurs pour être ici.<br />
De nouveau ce sentiment de prétention.<br />
Mais en fait non.<br />
Je me débats déjà avec moi-même, pour ne pas vouloir ou ne pas avoir la force de débattre avec les autres.<br />
Mmmmh… Les mots sont des armes, mais là, la phrase précédente est un bazooka. Nuançons.<br />
” Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuse. ”<br />
Pour moi, je dirais que le monde se divise en deux catégories. Ceux qui parlent et ceux qui écoutent. Après c’est plus flou. J’écoute tout le temps mais je ne parle que quand je connais.<br />
Et merde.<br />
De nouveau, la forme peut évacuer le fond. En fonction de l’interprétation du mot ” connaître “. Je l’utilise au sens humain du terme, mais s’il est pris au sens culturel du truc, ça fout le bordel.<br />
Pourtant j’estime que l’écoute est liée et nécessaire à la parole.<br />
” Ne vous lassez pas d’écouter ; parce qu’on apprend à parler en écoutant les autres. ” a dit le sage.<br />
” Parler est un besoin, écouter est un art. ” a dit Goethe.<br />
Ça rend déjà ma position plus tranquille.<br />
Finalement, le problème était mal posé.<br />
On me reproche de ne pas poser de questions, de ne pas m’intéresser parce que je ne parle pas. Ou peu. Ou mal.<br />
C’est tout simplement parce que j’écoute. Ça a en plus l’avantage de me permettre de m’évader plus facilement, j’avoue. Mais aussi parce que si je me sens à l’aise pour faire le con et sortir des conneries, parler de moi est déjà une autre paire de manches.<br />
Alors oui, d’accord, on pourrait dire de nouveau que ma prétention est incroyable : ” moi ” ” moi ” ” moi “…<br />
Tout a fait. Je le revendique. Regardez les gens autour de vous. La majeure partie veut exprimer son point de vue, le faire partager aux autres. Ce qui n’inclue pas forcément une écoute.<br />
Je préfère de loin ma position : fermer ma gueule, écouter tout en pensant à autre chose, poser des questions pour rebondir et pour apprendre à/et connaître… Garder mes rêves, mon intimité pour mes proches, qui seront capable eux de faire le tri.<br />
En plus de mon chat, je devrais me prendre un caméléon pour animal totem, ce serait rigolo et explicite…</p>
<p>La théorie du chaos a entraîné un esprit tortueux et disjoncté peut-être, qui a du mal à communiquer clairement et facilement, les idées se télescopant pour repartir à toutes vitesses chacune à l’opposé. Du coup, je suis tête en l’air, dans les étoiles. Ailleurs. Et le fait d’être à l’écoute n’est pas forcément une marque de désintérêt. Au contraire. C’est simplement un moyen de communication, avec ceux qui ne me connaissent pas et que je pourrais involontairement blesser. Choses que mes ami(e)s peuvent comprendre, atténuer et passer outre car ils me connaissent…</p>
<p>Je crois que je pourrais copier/coller l’intro : ” Vous ne voyez pas ce que je suis en train de dire ? Pas grave. Moi si. Je me comprends. Et c’est le plus important. (…) Et je pose les questions. ”</p>
<p>En fait, je viens de me relire. Deux mots ont sautés entre l’intro et la conclusion. Ça change le sens, l’une est comment on me perçoit, l’autre comment je me perçois :<br />
” Et je me pose les bonnes questions. ” (introduction)<br />
” Et je pose les questions. ” (conclusion)</p>
<p>Pour finir, un mot d’un mec qui n’aimait pas les hommes, mais ce qui les dévorait : ” Il faut de l’esprit pour bien parler, de l’intelligence suffit pour bien écouter. ” (André Gide)</p>
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		<title>Whellcome to my funerals</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 00:05:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex de Querzen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pµt@!ñ le pavé, écrit d’une traite si ma mémoire est bonne… Sacrebleu, ça devait être un mauvais jour pour moi. C’est bizarre. Tout est bizarre. Je me suis levé ce matin en ayant l’impression que c’était le jour. Le jour de ‘jesaispasquoi’, mais LE jour. En anglais, the date, la date, la date à ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Pµt@!ñ le pavé, écrit d’une traite si ma mémoire est bonne… Sacrebleu, ça devait être un mauvais jour pour moi.</p></blockquote>
<p><span id="more-26"></span></p>
<p>C’est bizarre. Tout est bizarre. Je me suis levé ce matin en ayant l’impression que c’était le jour. Le jour de ‘jesaispasquoi’, mais LE jour. En anglais, the date, la date, la date à ne pas manquer. J’ai pris ma douche normalement. En cinq minutes. Comme d’habitude. J’ai pris le métro, comme d’habitude. Au même endroit que d’habitude. Descendu au même endroit que d’habitude. J’ai vu les mêmes gens, vécu les mêmes moments, fait les mêmes choses, faits et gestes. Parti à la même heure, plus ou moins que la semaine précédente. Fait ni plus de choses ni moins qu’hier, ou que demain. Pourtant. Pourtant des détails intrigants. Pourquoi ai-je mis le mix de KeroZen, un truc hardcore qui vrille les tympans et déchire le cerveau ? Pourquoi le son était-il si fort que la grand-mère sourde d’à côté est venue me demander de baisser le son parce qu’elle n’entendait pas la télé ? Pourquoi le mec au bout de mon clavier m’a demandé si ça allait, chose (in)habituelle ? Pourquoi mon cerveau jouait-il aux montagnes russes à la vitesse de pointe théorique du TGV ? Pourquoi j’avais envie de dire ” va te faire foutre ” au lieu et place de ” sorry, ignore moi ” ? Pourquoi ? Pourquoi quand je suis rentré dans le métro je me suis assis, déjà arraché par le bédo que je venais de fumer avant d’entrer dans la station, juste en sortant du taf en fait ? Pourquoi je n’ai pas calculé ce que j’ai fait entre là et maintenant ? Je ne sais pas. Je suis sorti du métro, j’ai regardé machinalement sur mon portable si quelqu’un m’avait appelé ? Sais pas. Envie de meurtre . Envie de tuer. Envie de sang. Envie de violence. Pas envers les autres. Envers moi. Je suis arrivé chez moi. Noir complet, absolu. Self improvement is masturbation. Self destruction is the answer. Save the planet. Kill yourself. Rejet. Retour. Arrivé. Départ. Cercle. Cercle vicieux, infernal. L’enfer. Dante, ” vous qui entrez ici, perdez toute espérance “. Ici ? Je n’ose pas regarder dans le dictionnaire. Dans ma tête résonnent les mots ” ici, pronom indéterminé signifiant le lieu où la personne est présente, au moment figé dans l’instant “. Ce qui reviendrait à dire… J’appelle mon pote, me frite avec lui. J’essaie d’arranger les choses, je m’enfonce. Pas grave. Je vais me casser. Disparaître. L’homme réel s’effaçant jusqu’à ne devenir que virtuel. Passant, prononce mon nom afin que mon kâh vive pour l’éternité. Bonne mentalité. Bien aussi le ” ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort “. Wesh. Je roule un deux feuilles, l’allume, m’installe devant Photoshop et compose mon nom… néo-phoenix, pourquoi pas workholics ou workaddikt ? Je bois une vodka pomme, deux, le transforme pour arriver à worxolikt… qui ne me satisfait pas. Je me retourne le cerveau, hésite, réfléchis, calcule, me décide : renaître je dois, réfléchir et jouer le jeu étant la condition sine qua non… quelque part, une petite voix, douce, gentille, sensuelle, m’indique que toute société a les crimes qu’elle mérite, me citant Dostoïevski. On verra. Le temps est mon seul ami, immuable et régulier. Finalement je choisis quelque chose de soft. Work Player. Même si ça ne me représente pas, ça a au moins l’avantage d’être distingué, classe, sans être trop underground. J’t&#8217;en foutrais de l’underground. C’est le serpent qui se mort la queue, l’underground cherchant l’overground tout en le reniant. Je rallume mon joint, tire deux lattes et manque de shooter un des deux chats qui traînent. Je n’ai plus la force d’écrire ce que je fais ou de faire ce que j’écris. Auto destruction, voilà ma raison d’être et de vivre. J’en suis arrivé à un tel point que l’extérieur me gonfle. Pour dire vrai, je ne sors plus qu’en mission spécifique et en frappes chirurgicales. Je sors, exécute ce que j’ai à exécuter et rentre at home. Mon langage s’en ressent, je parle un curieux mélange d’anglais et de francais, j’invente des mots.<br />
J’suis un ouf. J’suis un guedin moi. J’ai pris ma décision. J’irai dans ce foutu pays. Moi qui voulait m’enterrer, qui organisait mes propres funérailles (d’où le titre) je sais où je vais… J’ai plus qu’à.<br />
J’ai plus qu’à ranger mes affaires.<br />
J’ai plus qu’à trier mes vêtements.<br />
J’ai plus qu’à faire des cartons.<br />
J’ai plus qu’à me prendre par la main et aller danser…<br />
Faut arrêter de déconner.<br />
J’ai 26 ans et je ne sais pas quoi faire de ma vie. J’hésite . A tous les niveaux. Que ce soit humain ou physique. Je me décide à me retourner le cerveau à grand coup d’alcool et de drogues. Le workplayer que je suis décide de se renouveler en tant que worholik. Addicted to the work. La seule chose qui me permet de rester la tête hors de l’eau c’est mes chats. J’en ai deux. Ca à le mérite de m’obliger à venir tous les jours chez moi. Pour donner à manger et à boire. S’il n’étaient pas la, je ne sais pas ce que je ferais .<br />
Je suis Alex.<br />
Et Alex est moi.<br />
Je bosse, j’avance et je recule.<br />
A grand coup de ceinturons j’avance. Je drague, chope et élimine.<br />
Je suis la fin de la faim.<br />
Je suis la mort de la vie.<br />
J’avance et je marche.<br />
Mes pas se posent sur des dalles, et je ne connais pas la suite…<br />
Pause.<br />
Break.<br />
Je connais des gens, je les vois, je discute avec eux.<br />
Et pourtant.<br />
Des que je peux je m’enfonce. J’aime cette sensation d’être borderline.<br />
Je me décide à avancer, l’alcool et la drogue aidant.<br />
Peu de monde peut me suivre dan mon délire.<br />
D’humain je deviens extraterrestre.<br />
D’extraterrestre je deviens humain.<br />
Je vois des gens. Je discute avec eux. Mais où est la solution ? Où est la finalité de la chose qui fait que la vie mérite d’être vécue ?<br />
Que dalle.<br />
Que dalle. Que dalle que dalle.<br />
Rien.<br />
Nada.<br />
Il est quatre heures du matin et je suis devant mon pc, prêt à aller me coucher.<br />
Il est quatre heures du matin et j’ai envie de mourir.<br />
Non pas pour la souffrance.<br />
Mais pour la finalité de la chose.<br />
Stopper tout.<br />
Stopper le théâtre de la vie<br />
Je me bouffe mon cacheton, ce somnifère sans lequel je ne peux dormir.<br />
Et j’attends.<br />
Mes chats, les seules choses pour lesquelles je ferais des efforts<br />
Mes chats, les seules êtres pour lesquelles je ferais des efforts.<br />
Les phrases se ressemblent.<br />
Les mots s’entrechoquent.<br />
Putain faut que je me réveille.<br />
Sinon je vais m’enfoncer dans un grand trou noir sombre, glauque, pas reluisant du tout. Même si je suis attiré il ne faut pas tu entends petit chat, il ne faut pas se laisser glisser sur la pente…<br />
Je vois toujours les mêmes choses, arriver, me poser, ouvrir une bière, rouler un joint et me vider la tête.<br />
Sauf que je n’y arrive pas alors je me détruis.<br />
Le somnifère fait effet.<br />
Mes yeux deviennent lourds, je m’enfonce dans une torpeur… Ramper jusqu’au lit, me glisser sous la couette, m’allonger en position de gisant et dormourir….</p>
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		<title>Dolorès</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 00:04:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex de Querzen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[douleur]]></category>
		<category><![CDATA[maladie]]></category>
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		<category><![CDATA[psychose]]></category>
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		<description><![CDATA[Maintenant ça me le fait moins, mais pendant un moment, gosh, c’était horrible. Je me sentais comme Freddy, tu sais? Ecorché vif, le visage partant en lambeau… Sauf que moi c’était plutôt une fonte de peau tu vois? For those who understand… 00:00. L’heure du crime. L’heure d’aller se coucher peut-être. J’sais pas. Du Radium [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Maintenant ça me le fait moins, mais pendant un moment, gosh, c’était horrible. Je me sentais comme Freddy, tu sais? Ecorché vif, le visage partant en lambeau… Sauf que moi c’était plutôt une fonte de peau tu vois?</p></blockquote>
<p><span id="more-24"></span></p>
<div align="right"><em>For those who understand…</em></div>
<p>00:00.<br />
L’heure du crime.<br />
L’heure d’aller se coucher peut-être.<br />
J’sais pas.<br />
Du Radium sort de mes enceintes, je zappe sur les deux Akaï pour que le rendu des basses soit meilleur.</p>
<p>Mal. Bobo. Douleur. Souffrance.<br />
Soulagement. Bien être. Repos.</p>
<p>Je me lève pour me servir un pastis. Le son m’accompagne en se faisant plus limpide, plus cristallin… Au fur et à mesure que je me verse mon verre, les basses pointent leur nez. Cycle régulier et régulateur.</p>
<p>Je reviens à ma machine.</p>
<p>Je sais que je ne vais pas dormir.<br />
Elle est là.<br />
Je la sens.</p>
<p>Qui ? Mon amie. Ma copine.<br />
Qui ? Mon ennemie. Ma bête noire.</p>
<p>Dolorès…</p>
<p>Machin disait que “Ce qui ne nous tu(ait) pas nous rend(ait) plus fort”…Ouais. Ben voyons. C’est qui qui disait ça?<br />
(..)<br />
Ah ouais quand même… C’était Alex Le Grand… Roi de Macédoine… Pas le dernier des pingouins… (mode trip pingouin)</p>
<p>Imaginez que vous sentiez fondre votre propre visage.<br />
Imaginez que vos mains soient transpercées par de minuscules aiguilles… Qu’elles soient tailladées par des micro coupures… que votre peau soit arrachée à vif à certains endroits, et que ces endroits vous démangent, vous brûlent, deviennent sensiblement insensibles…<br />
Niveau 1.</p>
<p>Jouons au devinettes… Quel est l’endroit le plus “visible”? Quelle est la (ou les) partie(s) du corps que l’on regarde toujours?<br />
Réponse?<br />
Le visage.<br />
Les mains.<br />
Votre torse peut cacher une cicatrice de 30cm, personne ne le saura.<br />
Coupez vous au rasoir parce que vous vous êtes trop défoncé la veille, et tout le monde le remarquera.<br />
Niveau 2.</p>
<p>“Aaaaarggghhh…” dixit Guillaume…</p>
<p>Combinez les deux.<br />
Dégradation physiquement visible… D’aspect pas beau. Repoussant. Berk.<br />
Toujours sur le plan physique, cela ouvre les portes vers un troisième niveau.</p>
<p>Vous permettez que je rallume mon joint s’il vous plaît?<br />
Merci.</p>
<p>Je disais..<br />
Oui, le niveau 3. L’effet alien. Le fait de voir votre peau en apparence trompeusement “régénérée”, tout en visualisant l’absence de visibilité de la prochaine montée…<br />
” yo, ça va?”<br />
” ouais, j’ai encore 2 ou 3 jours de pas ‘malomain’!”<br />
Pas compatible.</p>
<p>La douleur rend fou.<br />
La folie créative.</p>
<p>Parlez de ce que vous connaissez? Parlons de la douleur…<br />
Qu’est ce qui vous a le plus fait mal?</p>
<p>” La plus grande blague que le diable ait jamais faite était de convaincre le monde qu’il n’existait pas” (Keyser Söze) Et le plus gros coup de pute, de convaincre le monde que c’était la vérité.<br />
Il est là.<br />
Partout.</p>
<p>Démonstration logique, Dieu est amour donc le Diable est douleur.<br />
Je subis la douleur, elle fait partie de moi… le Diable m’habite et le doute me ronge…<br />
Merde.</p>
<p>Je m’auto-décrète hérétique.<br />
Vais finir sur un bûcher, comme la Jeanne. Pas Marie, mais la Pucelle.</p>
<p>Tout compte fait, j’préfèrerais me pendre. Paraîtrait que t’as un dernier orgasme, ou du moins éjaculation, avant de mourir…</p>
<p>Shit, le sound system est fini. Passage en revues des tracks, mon choix s’arrête sur un Triphasé. Je branche.</p>
<p>J’en profite pour respirer un grand coup. L’air est vicié, il sent la weed.<br />
Coïncidence? Le joint déclare sa mort. RIP petit, RIP…<br />
Un parmi tant d’autres.<br />
Comme moi parmi tant d’autres…</p>
<p>Le pouce droit commence à se figer… Déjà, un doigt sur trois est rigide. Pas trop pratique pour un exercice d’écriture…<br />
Privilège (?) aux travaux mulottiens (ainsi désignés de par leur forte utilisation d’un instrument, objet de nombreuses caresses de la part de nombreuses personne around the world, le “mulot” ou “souris”…) dans ce cas.</p>
<p>La route est longue. Mais longue…</p>
<p>Psychose. Où va t-elle attaquer la prochaine fois? C’et que c’est sournois en plus… Vous croyez qu’après le pouce gauche, ça va être la paume… Et ben non, c’est le coude gauche qui morfle.<br />
Malheur. Misère…</p>
<p>La basse rebondissante me pose une question : est-ce vraiment la misère?<br />
Question en rappelant une autre : ça fait comment de se retrouver hors de ses habitudes?</p>
<p>J’ai trouvé un bout de réponse… Du moins je crois… Je doute encore un chouïa (si vous ne comprenez pas ce mot, ce n’est pas grave, imaginez encore moins qu’un tout petit peu), mais tout petit…</p>
<p>Ce bout de réponse, il faut que je l’affûte, que je l’aiguise, que j’en prenne soin.<br />
De bonds en bonds, de bon en mauvais, par vaux et marais, je dois y faire gaffe.</p>
<p>Ne plus considérer la douleur comme faisant partie de moi, mais comme un corps étranger.</p>
<p>Il est ainsi des gens que vous ne pouvez vous empêcher d’aider, tant bien vous en auriez marre de le faire.<br />
La douleur est pareille.<br />
Il faut que je l’apprivoise, la contrôle et la gère.<br />
Afin de la museler et de la baiser.</p>
<p>C’est ainsi.</p>
<p>Je vais te baiser Dolorès.<br />
Te montrer à quel point je n’en ai rien à foutre, uniquement pour te prouver que je peux passer outre…<br />
Et déverrouiller l’accès au niveau mental… Celui de la confiance…<br />
Car non seulement tu fais souffrir au niveau physique, aussi bien (et là est toute la beauté de tes saloperies de méthodes) qu’au niveau mental : tu es une perversité vicieuse de la vie…<br />
A détruire souterrainement de l’intérieur, tu bouffes le moral… Et tel une gangrène tu incites à te protéger et te cacher, encore et toujours…<br />
Tu es une pute.<br />
Mais je suis pire que toi, je suis ton Fils, tu m’as élevé, choyé et chéri depuis plus de deux ans…On fait la paire toi, et moi…</p>
<p>Mais la relation s’inverse.<br />
A salope, salope et demie…</p>
<p>La crème te repousse. Les produits du shaman aussi. Les cachets du toubib pareil.<br />
Et moi pareil. J’ai confiance.<br />
En moi et en ce qu’il y a autour de moi…<br />
Un proverbe malgache me l’a confirmé… Agnostique adepte de l’auto religion, je ne crois que ce que je veux bien croire…<br />
Et rien que pour ça, rien que pour eux, ça vaut le coup d’essayer.<br />
D’essayer et de faire.</p>
<p>” Etre et avoir “…<br />
Etre souffrant et avoir été souffrant.<br />
Etre malade et avoir été malade.<br />
Etre… Et avoir été, toujours.<br />
Maintenant, je suis.<br />
Je te hais et tu me le rends bien, mais tu n’es plus qu’un parasite en CDD.</p>
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		<title>Died &amp; Rebirth</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 00:02:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex de Querzen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[boucle]]></category>
		<category><![CDATA[Carpe Diem]]></category>
		<category><![CDATA[introspection]]></category>
		<category><![CDATA[maelstrom]]></category>
		<category><![CDATA[malaise]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance]]></category>
		<category><![CDATA[suicide]]></category>

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		<description><![CDATA[Si y’a bien une raison pour laquelle j’ai appellé mon Nabaz PHOENIX c’est parce que je suis cyclothimique. Complètement. Et j’assume. Pourtant si tu savais combien j’essaye de me calmer, de rester sur une ligne (non pas de coke…) mais y’a pas moyen bordel. Bonjour. Je m’appelle Alexander de Querzen. Tel est mon nom. Telle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Si y’a bien une raison pour laquelle j’ai appellé mon Nabaz PHOENIX c’est parce que je suis cyclothimique. Complètement. Et j’assume. Pourtant si tu savais combien j’essaye de me calmer, de rester sur une ligne (non pas de coke…) mais y’a pas moyen bordel.</p></blockquote>
<p><span id="more-21"></span></p>
<p>Bonjour.<br />
Je m’appelle Alexander de Querzen.<br />
Tel est mon nom.<br />
Telle est mon identité.</p>
<p>Parlons maintenant de ma personne.<br />
Non plus des mots.<br />
Mais des actes.<br />
Des façons de faire.<br />
Des façons de réagir.</p>
<p>Depuis plus d’un mois je vais mal.<br />
Depuis plus d’un mois je ne sais pas où je vais.<br />
Depuis plus d’un mois je n’ai qu’une envie : me barrer.<br />
Physiquement ou mentalement.<br />
Là n’est pas l’important.</p>
<p>Qu’est ce qui est important ?<br />
Que dalle. Rien. Nada. Que tchi. R-I-E-N.</p>
<p>J’ai envie de crever.<br />
Je n’ai rien qui me retient dans ce monde de merde.<br />
Rien qui me retient, à part mon chat ?<br />
Bon d’accord, il y a plusieurs personnes qui comptent pour moi, je pense qu’elles se reconnaîtront si elles tombent sur ce p****n de texte.<br />
J’ai pas l’habitude de me confier.</p>
<p>Quand j’ai rencontré Neurokaïne, c’est lui qui allait mal.<br />
A croire qu’il y a eu transfert de souffrance.<br />
A croire que la souffrance n’existe que pour tenir le monde.<br />
A croire que seule la misère existe.</p>
<p>J’en suis à un point où je ne veux plus parler.<br />
Non pas que je n’ai rien à dire.<br />
Mais juste que j’ai l’impression d’être une boite de pandore.</p>
<p>Approche toi de moi et tu souffriras.<br />
Accroche toi à moi et tu souffriras.</p>
<p>Pourtant…<br />
Pourtant j’ai été clair la dernière fois que je me suis adressé à lui.<br />
Eh oui, j’ai parlé à Dieu, comme je te parle à toi, pauvre lecteur de merde dont je n’ai strictement rien à foutre.<br />
Tu ne comprends pas ?<br />
C’est pourtant simple. Pour tous ceux qui pensent que j’écris pour me branler, pour m’auto satisfaire, il n’en est rien.<br />
Je n’écris que pour me défouler, me détendre, me calmer, me psychanalyser.<br />
A part çà.</p>
<p>L’herbe est verte, les oiseaux chantent, le ciel est bleu.</p>
<p>Mais je n’ai rien.<br />
Pas de thunes.<br />
Pas de compagnon.<br />
Pas de vie rêvée ni réelle.<br />
Je traverse le temps comme un voyageur. A la limite du clochard, à la limite de l’auto stoppeur.</p>
<p>Je ne sais rien.<br />
Je ne sais pas où je vais.<br />
Mais comme les Shadocks, j’y vais.</p>
<p>C’est bizarre. Comme je change d’avis en cinq minutes. Comme je change tout le temps.<br />
A croire que je suis un putain de composant instable dans une vie soi disant stable.</p>
<p>Reprenons.<br />
Quand je dis que je n’ai rien, je me trompe, je Lui en ai parlé.<br />
Je sais que je suis pas si moche que ça, pas si con que ça, que j’ai des gens sur qui compter.<br />
Pourtant des problèmes de thunes, l’envie de pouvoir me confier vraiment à quelqu’un, l’envie d’être dans les bras de quelqu’un….<br />
Tout çà m’empêche de pouvoir avancer.<br />
Tout çà m’empêche de pouvoir revenir dans un monde RVB. Pour le moment, tout est en grayscale.<br />
De nouveau…</p>
<p>Je souris.<br />
Je délire.<br />
Que savez vous de ce qui se passe en moi ?<br />
Que savez vous de mes démons intérieurs, de mes envies de meurtres ou de suicides ?<br />
Rien.</p>
<p>Je disais donc.<br />
Je Lui ai parlé.<br />
Je Lui ai dit que je n’étais pas si malheureux que ça : des amis, des vrais et des ” faux “, un boulot, une vie pas si pourrie que ça…<br />
Et pourtant.<br />
Je veux plus de thunes pour pouvoir faire ce dont j’ai envie.<br />
Je veux une nana pour pouvoir me confier et lui dire ce que je ressens et partager avec quelqu’un des choses que je ne veux partager avec personne.<br />
Je veux.<br />
Je veux.<br />
Je veux.<br />
Le roi dis ” nous voulons “.<br />
Suis-je un roi ?<br />
Que dalle ouais.<br />
Même pas le roi de moi-même.<br />
Encore moins le roi de mon chat.</p>
<p>C’est con un chat. Ça chie, ça bouffe, ça griffe.<br />
Et pourtant. Heureusement que la panthère est là.<br />
Heureusement qu’il est là.<br />
A me regarder avec des grands yeux à la ” et-moi-pourquoi-je-ne-peux-pas-jouer-avec-toi ” quand j’ai un flingue dans ma bouche ou un couteau sur le poignet.<br />
L’homme descend du singe.<br />
Il ferait bien d’y remonter.</p>
<p>L’homme est un connard comme les autres.<br />
L’homme est un branleur comme les autres.<br />
L’homme est un carnivore comme les autres.<br />
Homo homini lupus.<br />
Disons pour être réaliste l’homme est un loup pour 99,99% des hommes.<br />
Dites moi depuis quand vous n’avez PAS fait d’action pour quelqu’un que vous ne connaissiez pas ?<br />
Longtemps non ?<br />
Et ouais.<br />
A part ça tout va bien dans le meilleur des mondes.</p>
<p>Et ouais, j’ai la rage.<br />
Pleurez mes larmes dit le policier.<br />
Philip avait raison.<br />
Les autres pleurent pour moi.<br />
Moi, je m’en fous.<br />
Je m’en tape.<br />
M’en balance, m’en contrebalance et m’en contrecarre.<br />
Je vis ma vie.<br />
Certains en font partie et ceux la, je les respecte et me donnerais (physiquement et mentalement) pour eux.<br />
Le reste ? Peanuts.<br />
J’en n’ai rien à foutre.</p>
<p>Putain de merde, j’arrive déjà pas à me gérer.<br />
Alors comment gérer les autres ????????</p>
<p>Quand je Lui ai parlé (moi agnostique non pratiquant, limite athée, quoique adhérant au bouddhisme et au concept de la Force), je lui ai dit : ” Je sais que je ne suis pas à plaindre. Je sais que j’ai un job, des potes, des projets. Mais j’en veux plus. Plus de potes ? Non même pas, plus de VRAIS potes. Plus de gens à qui me confier. De la thune ? Oui mais non : dès que j’en ai, je la crame. L’argent n’est pas important, tout ce qui compte c’est le moment présent (Remember : Yesterday is history, today is in memory and tomorrow will never die) Par contre, ouais, une nana ce serait cool “.<br />
D’où le problème : tout est-il lié à une nana ?<br />
Non.<br />
Je pense qu’il s’agit du catalyseur, de la fameuse goutte d’eau qui tant va à l’eau qu’à la fin la cruche se brise.<br />
La fille égale la goutte d’eau.<br />
La cruche égale moi.<br />
Allez comprendre.<br />
C’est le malstrom dans ma tête.<br />
Ce qui est cool, c’est que dans deux semaines, ça aura changé.<br />
Je le montrerai moi.<br />
Point break extreme limit.<br />
That’s what I am.</p>
<p>Je prie Dieu que cela se passe mieux.<br />
Je prie que mes potes soient encore là, même si je semble ne pas les prendre en compte, HEUREUSEMENT qu’eux sont là.<br />
Je prie que mon chat vive et soit heureux.<br />
Je prie pour qu’une vie meilleure me tombe sur la gueule.<br />
Alors que je ne fais rien pour la mériter.<br />
Alors que je ne fais rien pour m’en sortir.</p>
<p>Comme disait l’autre… Inch’Allah.<br />
Mais…<br />
Mais…<br />
Mais…<br />
Si…<br />
Si…<br />
Si…</p>
<p>Pourquoi tant de questions ? Carpe diem, je vis au jour le jour mais pense à dans un an ou deux.</p>
<p>J’ai 25 ans.<br />
Mais quel âge ai-je putaiiin ???</p>
<p>Mon Dieu, faites que je sois assez fort pour m’en sortir et m’en servir.</p>
<p>Pour le siècle des siècles.<br />
Que Ta volonté soit faite.<br />
Amen.</p>
<p>Olah.<br />
On s’calme un peu.<br />
Pause. Ladies &amp; gentlemen, please, have a break.<br />
Cette histoire ne me convient pas du tout.<br />
Je ne suis pas comme ça.<br />
Je la joue pas comme ça.</p>
<p>Rigolo : ” J’aime le contact / Je n’ai aucun tact / Si je blesse, alors je m’en tape / Alléluia, priez pour moi / Trop direct, souvent ça ne plait pas / Diplomatie / Je n’ai pas appris / Trop franc, cultive les ennemis / Je paie le prix / Ne triche pas / Je suis… en paix avec moi ”<br />
Silmarils, Just Be True.<br />
J’écoutais ça quand j’étais jeune.<br />
Enfin, jeune, y’a 7-8 ans quoi.<br />
Bérurier Noir, Silmarils, Lofofora, No One Is Innocent…<br />
Je les réécoute aujourd’hui.<br />
Signe du destin ?<br />
La boucle est bouclée ? Ou du moins suis-je dans un schéma de boucle ?<br />
Intéressant.<br />
Un peu comme quand Galilée à découvert que la terre était ronde.<br />
La vie est cyclique.<br />
Naissance Mort Renaissance.<br />
Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à la Matrice.<br />
<a href="http://www.ad-vice.me/p/MPL4SX4pYz" target="_blank">Matrix</a>  &#8211; ” Believe the unbelievable ”<br />
<a href="http://www.ad-vice.me/p/MPL4SX4pYz" target="_blank">Matrix</a>  Reloaded &#8211; ” Free Your mind ”<br />
<a href="http://www.ad-vice.me/p/MPL4SX4pYz" target="_blank">Matrix</a>  Revolutions &#8211; ” Everything that has a beginning has an end “</p>
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		<title>Sirius (the black cat)</title>
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		<pubDate>Mon, 03 May 2010 23:54:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex de Querzen</dc:creator>
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		<category><![CDATA[alcool]]></category>
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		<description><![CDATA[Un de mes préférés. Un exorcisme en quelque sorte. Ecrit plus d’un an après mon séjour chez les dingues, j’avais vraiment besoin de m’exprimer. Et je me suis toujours demandé ce que mes chats en pensait. Je veux dire de moi, leur “Maître”… Le changement de narrateur crée la distanciation. Putain c’te phrase est belle. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Un de mes préférés. Un exorcisme en quelque sorte. Ecrit plus d’un an après mon séjour chez les dingues, j’avais vraiment besoin de m’exprimer. Et je me suis toujours demandé ce que mes chats en pensait. Je veux dire de moi, leur “Maître”… Le changement de narrateur crée la distanciation. Putain c’te phrase est belle.</p></blockquote>
<p><span id="more-15"></span></p>
<p>Miaow. Manière des chats de dire bonjour.<br />
Mon maître m’ayant inculqué un minimum de manière féline, laissez-moi me présenter.<br />
Je m’appelle Sirius. Alias le chat noir, Bagheera, Bass, Black Cat ou encore BC. Voire connard quand j’ai fait un truc qui ne Lui plaît pas.<br />
Je suis un… chat noir comme les plus perspicaces d’entre vous l’auront deviné.<br />
Je suis un peu spécial. Médium sur les bords, utilisateur du Dell (noir) de mon patron qui, s’il n’est pas noir, a au moins l’âme de la même couleur.<br />
Pas forcément de manière volontaire, mais plutôt un état de fait.<br />
Vous avez vu comme je miaoute bien?<br />
Normal, mon patron, mon maître (et celui de ma copine Kitty) est bel et bien Alexander de Querzen.<br />
Ah oui Kitty je n’en ai pas encore parlé d’elle, mais ça va venir.<br />
Chaque chose en son temps et les chats seront bien gardés par les hommes gris. Vous ne comprennez pas? Bon, j’y reviendrai plus tard.</p>
<p>Reprenons l’histoire. MON histoire. C’est vrai, Il parle bien tout le temps de lui, alors pourquoi je ne parlerai pas de moi hein?<br />
Donc.<br />
Je suis né aux environs du mois d’avril 2003. Exactement quand je ne m’en rappelle plus.<br />
Je me rappelle pas trop de mon “sevrage”, mais bon je sais qu’Il a déjà vu ma soeur. Elle s’appelle Angelina. Et elle est quelque part dans le sud vu l’accent qu’Il prend pour en parler. C’est à base de “putaing” ou de “èncuulé”. Ca me rappelle un sketch d’un humoriste un peu petit et un peu pas drôle. Comme quoi, “putaing” et “èncuulé”, eh bien ça remplaçait la virgule et le point. J’ai pas tout compris. La virgule je connais pas, mais le poing, miaow, ça oui. Il l’a léger.<br />
Bref, je disais. Je suis un chat donc noir comme mon nom l’indique. 7 kilos de musclograisse pour un bon 90cm, queue comprise.<br />
Celle qui sert à me diriger au cas où je tomberais, pas mon zigouigoui. A ce niveau là, pas de danger, Il m’a castré. Plus pratique, Il m’a dit que je commençais à faire le con dans son appart.<br />
Parlons en de son appart. Des fois je me demande s’il est conscient de l’endroit où Il vit. J’en n’ai pas l’impression.<br />
Plutôt l’impression qu’Il s’en fout de tout. Préférant vivre dans la crasse, mais vivre Sa vie que vivre dans un endroit salubre. Je ne sais pas.<br />
Il est réglo au niveau de la bouffe, je sais qu’Il préfère qu’on mange plutôt que lui. Pas la même histoire pour la litière, même ça s’est récemment arrangé.<br />
Niveau caractère je suis plutôt cool. Bon faut pas déconner non plus, même si j’ai le poil comme une peluche, je n’en suis pas une et j’ai mon caractère.<br />
J’ai entendu dire que j’avais le même caractère que lui. J’espère pas, et je ne le pense pas.<br />
Lui est à la limite de la folie furieuse. Son cerveau doit manquer de connexions, peut-être à cause de tout l’alcool qu’Il ingurgite. Mais bon.<br />
J’avoue que faut pas compter sur moi pour les caresses et les ronronnements. Je laisse ça à Kitty. Elle le fait très bien.</p>
<p>Bon c’est bon, j’arriverai pas à m’en défaire.<br />
J’avoue tout votre honneur. Même si je peux rien faire, j’ai une copine. Elle est aussi tigrée que je suis uni, et elle semble être plus jeune que moi. Mon maître dit qu’elle a deux ans de moins que moi, je Le crois. Et donc elle s’appelle Kitty. Il a choisi ce nom à cause du fait que c’est une machine à ronron. Moi je suis Sirius à cause d’Harry Potter. Quoiqu’Il use souvent du nom générique de “le chat” pour me désigner. Je crois (et j’espère nom d’une souris) être son préféré. Même si Kitty essaye régulièrement de me piquer le titre à grand renfort de ronronnement, yeux doux et autres câlins félins. Je crois qu’Il apprécie mais qu’Il aime aussi ma manière de mettre des vents quand j’en ai envie et de vivre ma vie.<br />
C’est vrai Kitty et moi sommes complètements différents. Et du coup parfaitement complémentaires.<br />
Mais je l’aime bien. On joue bien ensemble et du coup je me sens moins seul la journée.<br />
Bon, faut pas pousser, la journée on dort, la nuit on joue. J’aime bien dormir, c’est reposant. La meilleure position c’est sur le canapé ou (mieux) sur le coussin. La tête sur les pattes avant et hop c’est parti pour une sieste. Pour ça Il est compréhensif et me laisse dormir tout mon soûl en général. De temps en temps Il me réveille pour m’emmerder, mais sinon Il est réglo. J’avoue quand même que de temps en temps la nuit je me mets à discuter tout seul. Comme le jour et la nuit c’est assez pareil pour moi étant donné que mon emploi du temps se résume a dodo-miammiam-popo. J’aime bien quand Il dort, Il ne me fait pas peur.<br />
Tiens, Il m’appelle aussi Memento. Du fait que j’oublie ce que je suis parti faire. Genre je me lève, je vais dans une direction et d’un coup je fais demi tour pour aller bouffer des croquettes (light étant donné mon surplus de kilos). N’empêche je Le tiens personnellement responsable de mes plus grosses peurs.<br />
La pire étant celle du jour où Il a complétement craqué. Là, miaow, j’ai eu très peur. Tellement peur que je n’ai pas pu sortir d’en dessous du lavabo pendant au moins une journée. A peine si j’allais dans ma caisse ou manger. Même s’Il n’était plus là.</p>
<p>Bon faut que je résume quand même les deux années que j’ai vécu en couple avec lui. On était bien tous les deux. Même s’Il fumait des cigarettes bizarres et qu’Il buvait de l’eau qui pique, Il n’oubliait jamais mes croquettes et mon eau. Et ça, de mon avis c’est le plus important. J’ai vu tous ses amis, ce sont tous des gens cools. Et quand quelqu’un était pas assez bien pour Lui, je le montrais.<br />
Je me souviens la première fois où j’ai vu ses parents. Je dois avoir attaqué le mâle une bonne demi douzaine de fois &#8211; miaow c’est pas de ma faute, il tentait de me piquer le fauteuil que le maître m’avait offert pour mon usage personnel -, et tenté de faire copain copine avec la femelle. J’ai pas tout compris je venais jouer avec elle et je partais quand elle criait. C’est de sa faute aussi, elle m’offre un jouet, elle joue avec sans me le filer!<br />
Bref, mine de rien, on s’amusait bien. Il criait pas trop à l’époque. Je sais que la ville Lui faisait peur, comme moi elle me fait peur. En fait non, moi j’ai peur du bruit, et Lui trouvait qu’il n’y en avait pas assez. Toujours content de sortir, sauf pour aller travailler à la fin, alors que moi, je supporte le couloir, mais pas moyen d’aller se balader dans le hall d’entrée, y’a trop d’odeurs bizarres. Ca le gêne pas. Les humains disent “les goûts et les couleurs”, mais ils ont mal traduit la phrase féline qui seule à un sens véritable : “le goût et les odeurs”.</p>
<p>Comment on change le son ? Voire même plus basiquement, comment c’est qu’on met de la musique? Il en écoute tout le temps le patron, plein de sons différents qui des fois me font mal aux oreilles.<br />
A ce qu’il paraît un des mes noms (Bass) vient du fait que la première fois où je suis venu, Il a commencé à mixer et je me suis endormi dans mon panier… placé au pied des enceintes de 30 kilos watts chacune. D’après ce que j’ai vu dans la lucarne noire avec des images, enfin une des 4 qu’Il a, les humains qui écoutent des rythmes répétitifs, robotiques et métalliques, eh bien ils ont souvent des chiens (espèce que &#8211; personnellement de manière strictement nombriliste &#8211; je n’aime pas du tout). Mon maître m’a adopté et je suis du coup un des premiers chats technoïdes.<br />
Kitty aussi a pris le pli, on en a discuté une fois où Il travaillait pour avoir de quoi acheter nos croquettes : c’est pas plus mal qu’une autre musique. Et quand Il prend les platines, on se met souvent en mode “sieste musicale” pour pouvoir écouter l’histoire qu’Il nous raconte.<br />
Ah. J’ai trouvé comment mettre du son. J’en parlais à l’instant même. ca s’appelle “Al3x &#8211; Cats in the hat mix”. Miaooooowww ça va mieux, je trouve qu’Il est présent.<br />
Bon, j’en étais où? Je sais plus. Pause popo-miamiam. Ca m’aide à savoir où j’en suis.<br />
Ah oui la ville. Il l’aime pas, ça c’est sûr.<br />
Mais j’crois qu’il s’y fait au fond.<br />
Il a plus trop envie que ça de remonter vers la grande ville.<br />
Juste de mener une petite vie pépère et tranquille dans le sud, même s’il ose pas se l’avouer.<br />
Ou si c’est pas dans le Sud c’est ailleurs, mais de se poser.<br />
J’en étais où ? Ah oui, avant.</p>
<p>Déjà son appart. J’en ai parlé.<br />
La bouffe. Oui ça c’est fait aussi.<br />
Je vais finir par faire comme Lui. Prendre des notes et coller des Post-It.<br />
Bref, il se mettait parfois en colère.<br />
Pas forcément quand il buvait de l’eau qui pique ou qu’il fumait ses cigarettes bizarres. C’était plutôt l’inverse.<br />
Il s’énervait, criait, cassait des objets. Je me souviens en vrac qu’il ait cassé des claviers d’ordinateurs, des réveils et je ne sais quoi d’autres encore. Les objets volaient. Non identifiés. Mais ils volaient, ça je peux vous l’assurer. Ça me faisait un peu peur mais il ne s’en ait jamais pris à moi. Au contraire, Il essayait de me rassurer, une fois qu’il était calmé. Ça prenait pas trop. A la fin je m’y suis plus ou moins habitué.<br />
Sauf que les cycles étaient de plus en plus proches. Au départ c’était une fois tous les 2 mois puis ça s’est accéléré. Une fois tous les mois. Une fois toutes les semaines…<br />
Bizarrement, Kitty ne stressait pas trop. Faut dire qu’elle est amoureuse de Lui.<br />
Qui est Kitty ? Bon, Il l’a adopté il y a environ 6 mois. (Attendez, si moi j’en ai 2 et demi, elle elle en a 1 c’est ça le compte est bon) Et depuis qu’Il l’a adoptée, elle est amoureuse de Lui et le Lui montre. Mais je m’entends bien avec elle. On se fait notre toilette, de temps en temps on se chamaille un peu, histoire de.<br />
Je suis donc noir et elle tigré.<br />
Je crois qu’il l’a adopté par pitié quand il l’a vu sous une marche d’escalier.<br />
Enfin c’est ce que j’ai compris de leurs conversations.<br />
Çà vous étonne ? Nous on comprend en gros ce que vous dites, et vice et versa. Mais faut le temps. J’ai mis du temps à faire comprendre à mon Maître pour la litière et pour la bouffe. Mais maintenant ça va. Depuis sa Crise. J’y reviendrai.<br />
Kitty donc. Il l’a ramenée, je l’ai laissée vivre sa vie vu qu’elle me laisse vivre la mienne. C’est pas pareil quand Il est là. Elle fait tout pour être proche de Lui. Parfois ça le saoule. Et moi aussi. J’aime bien la relation qu’on a. Elle est à base de respect, notre relation, c’est de la passion venant de Kitty.<br />
Miow, ça fait du mal aux pattes que de tout taper. Je vais boire et je reviens.<br />
Miam, j’en ai profiter pour manger et faire une petite sieste.</p>
<p>Je me posais la question en dormant de ce qu’il faisait quand on le voyait pas. Quand il est dans l’autre pièce par exemple, dans sa cabine transparente.<br />
Ou qu’il n’est pas là tout simplement. Des fois il me dit qu’il travaille pour me nourrir.<br />
Ça explique pas la cabine.<br />
Il y rentre sans ses poils, et hop dès qu’il ressort il se les remet. Ça dure 10 minutes, et je vois absolument pas ce qu’il peut faire. Peut être sa toilette. Vu qu’après il y a plein d’eau. Mais dans ce cas, c’est un crade, parce que moi, ma toilette ça me prend beaucoup plus de temps. Faut dire que j’ai un peu que ça à faire. En plus de manger et de dormir. Et de jouer. Hé, mine de rien, c’est bien rempli une vie de chat.<br />
Bref, je disais plus haut qu’on communiquait. Faut dire aussi que depuis que Kitty est là, c’est plus facile, on confronte nos opinions sur ce que disent les humains. Et puis on les classifie.<br />
Ceux dont on se fout.<br />
Ceux qui sont inconnus.<br />
Ceux qui sont des amis.<br />
Facile, trois catégories. Je crois qu’Il fait pareil. Il classe les gens dans des catégories. Sauf que les siennes changent tout le temps. Pas les catégories, les listes de gens à l’intérieur. Des fois on voit une personne pendant un long moment et souvent et d’un coup, pouf, plus personne. Disparue.<br />
Avec Kitty, on se met d’accord entre nous sur ceux qui sont bien (les gens qui sont des Amis), et ceux dont on se fout. Ceux dont on se fout, c’est simple, on fait comme s’ils n’étaient pas là. Enfin moi, parce qu’elle, elle gratte des câlins. Tout ce qui est bon à prendre, elle le prend. Moi c’est pareil pour la bouffe que j’aime.<br />
J’ai faim, d’en parler ça m’a ouvert les crocs.<br />
Je reviens.</p>
<p>J’discutais avec Kitty sur le balcon, c’est vrai qu’on se pose autant de questions que vous les humains. On se demande ce que vous faites et quand est-ce que vous évoluez. Moi, Alex, je l’ai bien vu.<br />
Il y’a eu un avant.<br />
Et il y’a eu un après.<br />
Je parle de sa Crise. Celle du 2 mai 2005. Où il a complètement craqué. Et où il m’a fait super peur. A tel point que Kitty et moi on s’est cachés pour éviter que le ciel ne nous tombe sur la tête.<br />
Je sais qu’il s’en est voulu. Et que même un an après, il s’en veut toujours autant si ce n’est plus.<br />
Pour en revenir à sa crise.<br />
C’était un mardi. Ce devait être une journée ou plutôt une soirée comme toutes les autres. Voire même mieux que les autres vu que c’était préparation pour une soirée je crois. Une Cemetary Party.<br />
Cimetière. Le mot était &#8211; malheureusement- bien choisi. Il s’est enterré lui-même. Il a bien failli ne pas en revenir. Même Kitty a eu peur. Pourtant, lui, elle l’aime. Je sais qu’elle avait un autre nom avant, Lou. Mais ça Alex en parle peu. C’est quelque chose qui lui fait mal. Très mal. J’ai l’impression qu’il a beau se laver, beau passer du temps à écrire ou à mixer ou à créer, c’est toujours une blessure ouverte. De ce que je peux voir de ses papiers, il doit écrire un texte sur l’histoire là, son fameux ” Lettre à une absente “.<br />
Je sais qu’il aime le film V for Vendetta. V pour Vengeance si je traduis bien ses notes. Ça doit le travailler…<br />
Miaoow… Je vais aller dormir un peu, le temps de réfléchir et de me remettre dans le bain de ce mardi noir. J’en tremble d’avance. J’aime pas me replonger là-dedans. Un an après, j’ai toujours aussi peur que ça recommence. C’est le début d’une période bizarre. Il y a eu un avant, un après, et un maintenant. Bon ce n’est qu’un avis de chat (le mien plus celui de Kitty) mais ça a l’avantage d’être brut de décoffrage. Sans retranscription ou traduction ou édulcoration. J’ai déjà le plan.<br />
Grand Un (Prologue) &#8211; Avant sa Crise.<br />
Grand Deux &#8211; Sa Crise<br />
Grand Trois &#8211; Après sa Crise<br />
Grand Quatre (Epilogue) &#8211; Maintenant.<br />
Je sépare le grand trois et le grand quatre (l’épilogue) car je sens qu’il y a une différence. Je vois qu’il fait des efforts depuis que nous sommes dans la nouvelle maison.</p>
<p>Bon. Faut aussi que je vous affranchisse d’un truc. On est heureux avec lui. Je crois qu’on est parmi les rares personnes dont Il se soucie. Sa véritable famille est peu nombreuse mais il y tient, même si je vois qu’il se gratte la tête avec force quand il voit comment tourne la relation. Mais bon. Après il y a le Cercle, ses amis proches. Mais nous (Kitty et moi), on est à part. Il est heureux de nous voir. Il caresse souvent Kitty qui se laisse faire (facile, elle pleure dès qu’il est pas là) et moi qui me laisse pas faire (mais des fois j’aime bien me laisser aller pour lui prouver que je l’aime). Bref, passons.</p>
<p>Avant sa Crise donc.<br />
Il bossait beaucoup. Tout le temps. Ne s’accordant des pauses que pour miam. Ou pour faire la fête. Chez lui, ça se résumait à boire. Et à fumer. Il avait deux personnes dans sa vie. Une qui était là, qui venait à la maison. Elle était gentille. Je crois qu’elle essayait de gérer au coup par coup les humeurs d’Alex. C’était pas facile. Plus le temps avançait, plus il tournait en rond, plus il s’énervait contre tout et rien. Et dans ce cas, miaow, fallait pas être dans ses pattes, pardon, ses pieds. On aurait pu se douter que quelque chose n’allait pas rond. Mais au final, nous, à part ses Humeurs, on voyait rien. On avait toujours notre litière (sale), notre eau et nos croquettes. En temps et en heure. Lui par contre, c’était plus chaotique dans sa vie. Passé une certaine date, la fin du mois commençait et je voyais bien qu’il se sentait mal à cause de (ce qu’il appelle) la thune. Je disais. Il y avait Elle, et une autre, je l’ai appris plus tard. Une qui n’habitait pas dans la même ville mais à laquelle Il tenait aussi. Différemment. Je ne sais pas, j’ai pas tout bien suivi. Enfin, c’était le bordel. Une soirée sur deux, il y avait du monde à la maison. Ce qui fait qu’il ne pouvait travailler et que ça l’énervait mais il faisait comme si de rien n’était et participait à la fête. Je crois que de toute façon, son cerveau était grippé, et qu’il se dépensait trop à son travail pour pouvoir avoir l’esprit serein. Enfin, pour être tatillon, il ne se dépensait pas. Il s’épuisait nerveusement. Trop de pression tue le citron qu’il disait. Et ça le faisait rire comme un fou, faudrait qu’on m’explique.</p>
<p>Sa Crise<br />
Comme je l’ai dit, c’était un mardi. Et à l’entendre, s’il y a bien un jour avec la tendance ” drapeau noir ” de sortie, c’est le mardi. Donc. Il est rentré du travail, à une heure normale pour une fois, il devait être 20h, 20h30.<br />
Et je ne sais pas ce qu’il c’est passé.<br />
Je crois qu’il a essayé de remettre le lit en place et que ça a bloqué. Et à partir de là, c’est parti en vrille. La fille est arrivée, elle m’a fait une caresse, mais moi je sentais que quelque chose tournait pas rond. Ils ont commencé à s’engueuler (ou plutôt il lui a crié dessus) et finalement il s’est cassé de la maison. Il est revenu dix minutes plus tard, la gentille fille avait refait le canapé, du coup on pouvait plus s’allonger, et lui il a ramené à boire.<br />
Je dois précisé un truc. Il était sobre ce soir là. C’est important. Je sais que des hommes en blanc on dit des choses horribles. Ou du moins ont répété sans réfléchir les propos d’un homme qui n’avait plus sa raison. Ils ont dit que c’était un drogué. Alcoolique. Mais non. Moi, Bass, et elle, Kitty, on vous le jure messieurs : Alex était normal. Enfin dans la normalité qui à l’époque étaient les standards de sa vie. C’est important je crois de le signaler. Je ne dis pas qu’il était complètement clean, non, mais il n’était pas défoncé.<br />
Bref, alors que nous on était content (surtout Kitty) de le voir, lui, il a recommencé à s’engueuler avec la fille.<br />
Pour rien. Il en oubliait même de fumer ses cigarettes bizarres et de boire.<br />
Encore qu’ils s’engueulent, ça va, on avait plus ou moins l’habitude, c’est un grand nerveux notre Maître. Mais là, c’était vraiment violent. Et ça a carrément dégénéré quand Il a commencé à tout casser.<br />
D’abord la table basse (basse avec un e à ne pas confondre avec moi), une table en verre soi disant Sécurit. Tu parles. Alex a foutu un gros coup de poing dedans et la table a volé en miettes.<br />
Il s’en est pris ensuite aux DVDs qui traînaient. Il les prenait, ils les ouvrait et il les déchirait. Il en a fait une dizaine comme ça, essentiellement les cadeaux. Je sais qu’il pleurait presque déchirant un DVD en moumoute et qu’il hurlait ” les choses matérielles finissent par nous posséder “. Mais c’est lui qui était possédé. Après les DVDs, ça a été le tour des CDs. Pourtant il y tient. Enfin il y tenait.</p>
<p>Après sa Crise<br />
Il a passé un mois loin de la maison. Il nous l’a dit après ce qu’il avait vécu.<br />
D’abord il a été dans un hôpital. Où on lui a donné plein de cachets pour qu’il dorme, qu’il se ” repose ” comme ils disaient. Faut avouer qu’Alex a bien failli mordre la psychiatre qui l’a vu. En tout cas, ils ont pris conscience de son état, et la fille, qui était super gentille, même lui le reconnaît, elle l’a accompagné et convaincu de rester, de se faire soigner, au moins la nuit. Lui pendant ce temps il pensait à l’autre.<br />
Un beau sac de noeud.<br />
Finalement, il est resté, et le lendemain, il y a eu de nouveau bataille avec les médecins. Médecins qui lui ont fait une piqûre pour qu’il dorme, le temps de convaincre la fille qu’il faillait le faire interner. Soit c’était elle qui décidait, soit ils le remettait à la police pour que ce soit la police qui le fasse interner. Si j’ai bien compris, ça lui a évité des ennuis avec la justice.<br />
Du coup, ils l’ont emmené dans un HP. Un hôpital psychiatrique. Et on l’a plus vu du tout pendant deux semaines. La fille passait nous nourrir, elle s’occupait de nous. Avec moi, elle en a profité pour me rassurer. Faut dire que j’avais super peur. Il se marre en disant que je suis la représentation de son état psychique. Moi ça me hérisse les poils : j’aime pas le bruit, j’aime pas les gens, j’aime pas qu’on me caresse. Enfin, pour être plus précis, je ne cours pas après.<br />
Après ces deux semaines, il revenait la journée. Mais ce n’était pas le même. Drogué en permanence. Pas aux cigarettes bizarres. Non, à un truc beaucoup plus fort, qui lui faisait dire n’importe quoi. Et faire n’importe quoi. Il pleurait beaucoup sur son sort. Moi je l’avais connu plus dur, la c’était une loque. Ça, pour du n’importe quoi, c’était du n’importe quoi. Il a mis du temps à se relever. Je dirais environ 3 mois. Parce qu’au bout de trois mois, la lueur est apparue. Pas dans le sens que les gens ont l’habitude, mais pour lui, c’était l’arrivée du messie. Il allait se faire virer. S’en est suivi une période d’un mois où il avait beaucoup de mal à prendre sa décision, car elle allait à l’encontre de ce qu’on lui avait inculqué, mais bon, il a fini par capituler, à ses conditions. Et deux mois après, il était définitivement libre.<br />
Pendant toute la période où c’était fluctuant, il prenait toujours ses pilules, mais ça allait decrescendo.<br />
Il nous l’a expliqué.<br />
1 et tes soucis te semblent moins problématiques.<br />
2 et tu es très calme, passif, mou.<br />
3 et tu te sens fatigué et triste.<br />
4 et tu es amorphe.<br />
5 tranxen et tu es complètement pâteux et tu ne sais plus très bien ce que tu dis/penses/fais.<br />
Evidemment les phases sont cumulatives. Sinon ça ne serait pas rigolo.<br />
Bref, à peu près 5 mois après sa crise, ça allait mieux. Je crois qu’il a fait une rechute qui a nécessité un retour à l’hôpital quand il est retourné travailler la première fois, mais en gros, en septembre/octobre ça allait mieux. C’est là qu’il a décidé de partir vers le nord, parce que la vie dans le sud n’était plus possible, ça lui faisait trop mal.<br />
Et accessoirement c’était trop cher.</p>
<p>Maintenant<br />
Plus d’un an a passé. Nous nous portons bien, merci.<br />
Et Lui aussi. Il est en pleine forme.<br />
Comme s’il avait pris conscience de ses limites, qu’il avait été au point de non retour et qu’il en était revenu.<br />
Ça fait plaisir de le voir comme ça. Il est franc et honnête avec les gens (enfin je crois, je ne le vois pas tout le temps mais il fait ce qu’il veut et le montre), il s’est calmé (je le vois des fois passer la soirée à ne rien faire et à ne même pas toucher son ordinateur). Tout va bien dans le meilleur des mondes, n’est-ce pas Aldous?<br />
Mais je sais aussi que ça lui coûte. C’est des efforts de tous les instants. Y’a des exemples qui ne trompent pas.<br />
Tenez, par exemple. Le week-end dernier. C’était grosse fiesta à la maison. La nouvelle, celle encore plus au sud qu’avant. Et bien déjà il a pas tant bu que ça. Ensuite il a fumé, mais dans la limite du raisonnable. C’est à dire qu’il y avait un temps de latence entre les joints. Pas comme avant où il en fumait un pendant qu’il roulait le suivant. Eh bien, un ami de la fille (nouvelle) qui vit avec nous, a cassé sa tour à fumer. Une sorte de bocal plein d’eau avec un tuyau. Attendez je vais voir si je trouve le nom. Naar-gui-lèh. Ben ce truc, le monsieur il l’a cassé. Et Alex n’a rien dit. Il a juste demandé à ce qu’on sauve les DVDs restant et son affiche. C’est pas du progrès ça? Je crois qu’il s’en fout vraiment de ce truc.<br />
Autre exemple? La fille qui vit avec nous. Ils ne sont pas ensemble, juste, ils vivent sous le même toit et chacun son boulot, chacun ses emmerdes, chacun sa chambre et pas chacun son chat. Bon, on va quand même de temps en temps dans la chambre de la fille, c’est plus propre et ça sent un peu mieux que chez lui mais non, l’appart est correct, notre litière aussi, c’est royal. Et les deux nous en font la remarque, comme quoi vivre une vie de chat avec eux (elle et Alex), finalement, c’est une bonne réincarnation.</p>
<p>NotaBene : Pour préserver l’anonymat des gens, et plutôt que de changer les noms &#8211; vous auriez pu les reconnaître avec un peu de sixième sens félin &#8211; je n’ai cité que ceux dont je sais que cette histoire ne les blessent pas. A savoir Kitty et moi, Bass. Pour Alex, c’est son histoire et sa douleur. Et je sais qu’il essaye de changer alors…</p>
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